2020
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C’est la requête la plus tapée dans Google ces dernières heures, aux premières heures de 2020. Après la pression et l’angoisse de la fête de Noël, en ce premier janvier, entre les SMS envoyés à l’heure mais reçus en retard, le réveil proportionnellement difficile au respect de la traditionnelle cuite de la Saint-Sylvestre, des voeux par mail de chacune des marques qui vous souhaitent le meilleur de leurs promotions en 2020, et de cette horrible gueule de bois qui fait douter de la sincérité de « et la santé surtout » dans les « meilleurs voeux et bonne année 2020 » du 50e numéro inconnu qui n’ose pas demander « c’est qui? » mais se contentera d’un poli et formel « merci! », est-ce qu’on n’aurait pas un peu fait le tour de la question des traditions des fêtes de fin d’année?

À qui d’envoyer les voeux en premier? Si je réponds à un, il faut que je réponde à tous? Facebook ou Insta? Post ou story? Mail ou papier? Et si je ne souhaite rien à personne, mais que j’ai fait un don à une association, aurai-je tout de même droit à un double de la clé du paradis?

Sacrées traditions

Cette année, je suis partie en congés dès le début du mois de décembre. Professionnellement, j’ai prévenu mes contacts, et j’ai bien sûr reçu des réponses de souhaits de fin d’année heureuse. Mais j’ai également eu droit au fameux « Et à l’année prochaine! » qui a tendance à irriter une bonne partie d’entre vous.

De la même manière, recevoir un SMS de bonne année 2020 en avance, « pour éviter qu’il arrive en retard », ou « avant que je sois trop bourré » vous insupporte, tout comme recevoir des voeux d’un numéro inconnu, qui vous remerciera poliment sans oser vous demander qui vous êtes. Quelle tête vous devez faire alors, quand vous apprenez que vous faites partie d’un SMS de groupe?

J’ose à peine imaginer ces derniers lorsqu’ils font défiler leurs murs sur les réseaux sociaux et soupirent à chaque post contenant un feu d’artifice, deux coupes de champagne, ou encore une photo de famille, agrémenté de « Nos meilleurs voeux pour 2020! » et d’une liste de souhaits de la part de leur auteur à leur communauté, dans le désordre, santé, amour, argent, et, c’est tendance, bienveillance, lâcher-prise, épanouissement personnel et positivité.

Rétrospectives et prospectives

Il n’aura échappé à personne ou presque qu’avec la fin de 2019, nous achevons une décennie et en entamons une nouvelle en entrant de gré ou de force dans 2020. C’est ainsi que depuis à peu près une bonne quinzaine, sur les réseaux sociaux, ou dans l’actualité, impossible de passer à côté d’une rétrospective, qu’elle soit personnelle, avec l’incontournable #bestnine2019, ou le #tenyearschallenge, en passant par « Les X évènements qui ont marqué la décennie », difficile de se tourner vers l’avenir.

Pourtant, dans les meilleurs voeux, la démarche se veut volontaire, on s’espère que l’année à venir sera riche, belle, joyeuse, épanouissante et heureuse. On se promet moins de peines, moins de guerres, moins de misère, plus d’eau et d’air, autant que chacune des prétendantes à la couronne de Miss France souhaitait si elle était sacrée. Et à la fin de chacune de ces années, on se dit qu’on ne la gardera pas dans les annales, celle-ci, que vivement la nouvelle.

Alors à quoi bon?

Que nos voeux soient spontanés ou une corvée, virtuels ou manuscrits, individuels ou impersonnels, sociaux ou persos, omniprésents ou absents, qu’est-ce qui nous pousse, chaque année, à fêter, souhaiter, espérer, promettre, résoudre, si ce n’est que pour se permettre d’avancer, malgré ce que l’on sait de ce que sera finalement cette nouvelle année: ce que l’on voudra bien en faire, nous, et pas toutes celles et ceux qui nous la souhaitent belle et heureuse.

Je ne suis pas adepte des voeux, mais je remercie chacune des personnes, numéros inconnus ou nommés qui m’ont envoyé les leurs pour 2020. Et quasiment invariablement, parce que je n’aime pas imposer à quiconque quoi que ce soit, je leur souhaite qu’il leur arrive tout ce qu’eux souhaitent et espèrent, qu’ils soient libres de faire de mes voeux ce qu’ils en souhaitent.


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3 commentaires


  1. Très chouette ton article 🙂 je crois que pour certains on est passé à un autre niveau encore. Je me souviens des années où on s’arrêtait tous de danser en soirée de nouvel an pour dégainer nos portables et envoyer des SMS. Cette année je n’y ai même pas pensé, j’étais dans l’instant présent, je n’avais pas envie de me déranger à prendre mon téléphone. A la place j’ai attendu le lendemain, au calme pour souhaiter la bonne année à ceux que j’aime 🙂

    Sur ces belles paroles, je te souhaite malgré tout un très bon début d’année 🙂

    1. Author

      C’est fou comme cet objet nous éloigne finalement les uns des autres!

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