facebook messenger
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Dans la famille, l’esprit geek, c’est de père en mère en fils, tant et si bien qu’on peut parler de l’ordre de l’inné. C’est ainsi que depuis que la famille est géographiquement éclatée, alors que nous sommes comme les cinq doigts de la main, nous sommes réunis sur Internet, lequel héberge Facebook, dont la fonctionnalité de messagerie privée Messenger nous donne la joie de chater sur un groupe que nous avons créé.

C’est donc tout naturellement qu’hier soir, à l’heure où tout un chacun normalement constitué peut s’inquiéter modérément de l’absence de son proche en cas d’intempéries, que notre fils aîné, exilé à 50 kilomètres du cocon familial, vient aux nouvelles.

Je m’imagine la voix chevrotante, tournant autour du pot comme un cochon malade, les yeux hagards, les mains tremblant au-dessus de son clavier, et finir par poser la question:

« Papa est rentré ou pas? »

Question qui a eu tôt fait non seulement de ne pas trouver de réponse immédiate, l’objet de la question filiale étant encore au turbin, ses deux enfants restants et mézigue en train de savourer un plat de lentilles sans colorants ni conservateurs ni barbaque, mais d’agacer l’enfant du milieu.

C’est là qu’on a perdu le contrôle de la situation.

« Oh lala, mais franchement, il s’inquiète, pfff… »

_ Et alors, il se fait du souci pour son père, c’est quoi le problème? »

La conversation n’a même pas eu le temps de tourner au débat, le vinaigre et la dispute étaient déjà assis à nos côtés, à table.

Nous avons donc plus ou moins échangé sur l’empathie, la faiblesse, le machisme, le féminisme et conclu par les célèbre « Non mais de toute façon, toi, tu es le plus dur, alors que ton frère, il est sensible, ça n’est pas un défaut. », suivis de l’immédiat « MAIS PAS DU TOUT C’EST PAS CE QUE J’AI VOULU DIRE. »

Pendant que le questeur n’avait aucune idée qu’il était devenu l’objet d’une énième dispute dînatoire, que l’objet de son attention honorait son CDI et que le Benjamin avalait son dessert dans le plus grand silence, mon adversaire de table et moi la débarrassions, histoire de ruminer nos rancoeurs communes.

Nous avons été sauvés par le gong du signal d’une réponse sur Messenger. Le père répondait au fil, à qui on reprochait d’un côté et louait de l’autre, il est bon de le rappeler, son empathie naturelle.

« Non, je suis encore au taf.

_ OK. Ma carte réseau vient de me lâcher, mais je t’en parlerai quand tu seras rentré. »

Quand leur père et moi les avons élevés, il nous avait semblé avoir réussi à enseigner à nos poussins, empathie, bienveillance et altruisme. Et Facebook Messenger est arrivé.


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5 commentaires


  1. Oh misère, j’ai l’impression de voir mes propres repas, interrompus par les mêmes sonneries d’applications, et les mêmes questions (ou presque) après une discussion active entre Monsieur et Moi sur l’intérêt de répondre tout de suite (et la naissance d’une petite boule dans mon ventre, parce que je m’attends toujours au pire, sauf la fois où c’est arrivé).

    1. Author

      On a instauré une règle ici: « Pas de portable à table » (en plus ça rime, ça tombe bien ^^). Mais je crois qu’on va doubler la règle de « Pas de discussion autour du portable à table! »

      1. Sage décision ! Ici je la respecte assez bien, Monsieur beaucoup moins (geek inside). Du coup j’en viens souvent à utiliser le portable aussi, pour ne pas « manger seule » et surtout lui faire comprendre ce que ça fait, quand l’autre est absorbé par son petit écran. 😀


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