Partager sur

Le mois de novembre est encore à son premier tiers et déjà, à l’entrée du supermarché, impossible d’ignorer les calendriers de l’avent.

J’étais en train de choisir la batavia la plus fournie pour le repas du soir et de me dire quel supplice allaient subir les mamans qui auraient décidé comme moi de faire leurs courses un mercredi en fin d’après-midi, quand les moins de 10 ans sont aussi rincés qu’excités, quand elle est arrivée.

Pas plus haute que moi, mais un peu plus chargée. De deux petits. Tout petits. Un suffisamment grand pour tourner comme un avion autour du chariot, l’autre trop jeune pour imiter son frère.

Elle portait un bonnet trop grand, mais qui lui donnait l’air bobo de ceux du nord qui décident de changer de vie pour le bien-être des enfants et troquent le stress et la pollution pour le bonheur et la tramontane.

Je tentais de faire rentrer la salade dans un sac plus ou moins compostable à mesure que l’apprenti aviateur s’émerveillait en virevoltant autour des pyramides chocolatées:

« OUAIIIIIS C’EST NOËL C’EST NOËL, C’EST NOËL! chantait-il.

_ Tu peux choisir ton calendrier de l’avent si tu veux, proposa alors cette mère à son enfant mobile. »

Je n’ai pas vu venir ce qui s’est ensuivi.

« OUAIIIIIIIS DU CHOCOLAT, DU CHOCOLAT, DU CHOCOLAT, entonnait-il, les yeux gourmands.

_ On prend celui-ci pour toi, et celui-là pour ton frère, mais attention, on ne les commence que le ler décembre. »

À partir de ce moment précis, et jusqu’à ce que je réponde au SBAM de l’hôtesse de caisse, l’enfant s’est mué en sirène hurlante, son petit frère lui répondant en écho, et leur mère a proféré un chapelet de menaces de saison « Puisque c’est comme ça, je remets les calendriers dans le rayon/je les donne aux enfants sages/je préviens le Père Noël de ne pas venir chez nous/j’appelle papa qui va appeler le Père Noël/J’appelle le Père Noël pour qu’il vous entende hurler/Je ne vous prends plus avec moi/Je vous abandonne sur la quatre voies/Demain, au goûter, c’est soupe de flageolets. »

Parfois, en toute décontraction et parce que j’ai oublié depuis longtemps ce qu’une mère peut ressentir face aux caprices de ses enfants, je les plains, ces jeunes mamans, dans les supermarchés. Je les vois démunies, frustrées par la tendance à la bienveillances, bouillir d’envie d’hurler sur leur gosses comme ils lui hurlent dessus parce qu’un caprice, c’est soudain, imprévisible, inapproprié, irrationnel.

Et puis parfois, comme ce mercredi soir, je me dis que cette maman, elle l’avait peut-être un peu cherchée, la merde.


Partager sur

13 commentaires

  1. si elle achète des calendriers de l’avent, faut qu’elle les donne après, fallait qu’elle réfléchisse avant, ou ne pas se plaindre après, c’est tout ckej’dis !

  2. Quelle idée d’emmener les momes en courses ! ( je vais me faire des copines, là) Sui sème le vent récolte le tempo

    1. Author

      Quelle idée de lui prendre un truc, de le lui mettre sous le nez et de lui dire « PAS TOUCHE » aussi… Bref. Je suis rentrée peinarde, MOI 😉

    1. Author

      Tu demandes à ton cuisto préféré d’en faire une et tu nous dis? 😉

  3. Nous, on ne choisissait rien du tout quand on accompagnait nos parents en courses. Ils choisissaient et les mômes que nous étions n’avions certainement pas notre mot à dire. C’était une autre époque…

    1. Author

      En fait, au début, le gamin ne demandait rien, j’ai même trouvé ça chouette 🙂

  4. Elle n’a peut être pas le choix (personne pour les garder les petits) et pas notre expérience sur leur réaction 😉
    J’ai cru qu’ils allaient faire tomber toute la pile ! Finalement ce n’est pas pire


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.