black friday
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« Notre maison brûle et pendant ce temps, nous regardons ailleurs« , « How dare you?« , COP21 et compagnie, on ne va pas se mentir, plus on consomme, plus on pollue, plus on bafoue des droits élémentaires et moins on agit en gentil citoyen éco-responsable. Effet retors de ces alertes sur notre comportement destructeur, égoïste et consumériste, l’éco-anxiété envahit nos écrans, nos médias et nos consciences.

C’est ainsi qu’a été inventée une méthode, sensée résonner en nous et nous raisonner lorsque tout simplement, l’envie nous prend de se faire plaisir.

Faire passer la raison avant le coeur, le  besoin avant l’envie

Baptisée B.I.S.O.U par ses créatrices Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, cette méthode consiste à nous poser 5 questions lorsque nous sommes sur le point de faire un achat.

  • B comme besoin: A quel besoin cet achat répond-il? Ne serais-je pas en train de l’acheter pour me conformer à une norme sociale? Est-ce vraiment moi qui désire cet objet ou mon envie est-elle dictée par une stratégie marketing bien élaborée?
  • I comme immédiat: L’immédiateté est la meilleure copine de l’achat compulsif. Je me demande si mon budget peut intégrer cet achat. J’attends quelques jours avant de l’acheter (ou pas) et je réponds au questions suivantes.
  • S comme semblable: Ai-je déjà un objet qui a cette utilité? Certains produits sont polyvalents (robots ménagers par exemple).
  • O comme origine: Qu’elle est l’origine de ce produit? A-t-il été créé dans des conditions qui me conviennent (mauvaise condition de travail du producteur, mauvais pour la santé ou pour l’environnement etc.). Les questions sur l’origine du produit est difficile car aujourd’hui ne ne savons pas comment sont fabriqués les produits et parfois nous n’avons pas d’alternatives.
  • U comme utile: Cet objet va t-il m’être utile? Va-t-il apporter un confort primordial dans mon quotidien? Comment je faisais pour m’en passer avant?

Ali Rebeihi avait eu l’occasion de mettre Marie devant un micro de son émission « Grand bien vous fasse« , en 2017:

Ainsi, moins consommer accroîtrait le plaisir et le bonheur. Si le bisou envahir vos vies, grand bien vous fasse.

Et que faire de nos envies?

Et comment lutter contre cette pression omniprésente des marques, des enseignes, des promotions, des soldes, et, comme en ce moment, du Black Friday qui mue lentement mais sûrement vers la Black Week?

Et si on n’avait pas envie de lutter, mais plutôt de craquer?

Il me semble plus équitable de parler de mon propre point de vue. Hier, samedi, à une semaine du Black-Friday et après avoir rempli ma corbeille à spams de tous mes appareils, un tri inconscient s’est opéré dans ma tête et m’a fait soudain dire à l’assemblée familiale, à table, en attendant que le fromage râpé 1er prix fonde sur les nouilles dans les assiettes que cet après-midi « J’irai faire un tour au centre commercial, j’a repéré des offres sympa pour le black friday. »

Personne n’a moufté, il s’est juste murmuré que c’était pas demain la veille qu’on boufferai autre chose que des pâtes au râpé et du jambon rosé au nitrite de sodium, le fameux E250.

Et me voilà donc partie à l’assaut de mes envies et du centre commercial.

Entre 14h et 16h, j’ai cédé, craqué, me suis fait plaisir. J’avais envie de maquillage, de fringues, de sous-vêtements, et de raclette.

Aucun besoin particulier, aucune préméditation, j’avais déjà du mascara, des pulls, des culottes et de quoi manger.

J’avais juste envie de dépenser du pognon et que ça me fasse vibrer, plaisir, que pendant ces 2 heures, je sente que personne n’a à me dicter là où ma liberté s’arrête, si ce pull, fabriqué à l’autre bout de la terre, qui est à présent dans le sac que je tiens, a fait exploser mon empreinte carbone, si franchement, je pourrais pas plutôt placer ce pognon sur un compte épargne, ou le donner à mes enfants, au téléthon ou aux pompiers non mais sérieux tu te rends compte de ton inconscience?

Et si tu me foutais un peu la paix?

J’avais juste envie aussi, de dire que personne ne sait que la semaine dernière, les pompiers sont passés dans ma rue, que je leur ai fait un chèque provisionné, que je suis globalement locavore, que je ne prends jamais l’avion (à part demain, pour la première fois de toute ma vie), que j’épargne pour moi et mes enfants, que je gâte quand je l’ai décidé et qu’il y a une association que j’aide  régulièrement, quand j’y pense et que je peux le faire. Bien sûr, maintenant, celles et ceux qui lisent ces lignes le savent. Et je suis convaincue que dans 5 minutes, ils n’y penseront plus.

En revanche, que j’aie surconsommé, mis en péril la planète en la polluant, tué le petit commerce et gaspillé mon argent à des futilités, ça, ça risque de se partager, le regard des autres risque de changer, d’être critiqué, de m’être reproché.

Et c’est précisément dire que je me fais plaisir de temps en temps quand j’en ai envie, me fait vraiment plaisir parce qu’enfin j’use de ma liberté, celle que personne ne m’a dictée. Que personne n’influence ma façon de consommer ni de vivre selon la méthode, le mouvement, la tendance, mais que la seule chose qui me meut, c’est mon envie, mes choix, ma liberté.

Allez, B.I.S.O.U.


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7 commentaires

  1. Mais tellement… même si on fait tout bien et attention à ne pas consommer pour rien, parfois il faut s’écouter et se faire plaisir… pour mieux repartir et continuer sur ses bonnes bases ! Et pour se faire du bien et être bien…

    1. Author

      Oui, ça m’a permis de me changer les idées et comme tu dis, de repartir !

  2. Vendredi noir (qui dure une semaine, allez comprendre…) j’ai acheté un aspirateur. c’était pas du tout une envie !

    1. Author

      En tous les cas, je sais que je ne suis pas la dernière, quand je vois la tonne de gens dans les allées des grands magasins!


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